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Samedi Saint : traversée de nos enfers...

Je partage aujourd'hui avec vous trois beaux cadeaux de conscience reçus hier soir et ce matin, trois belles invitations à accueillir la paix et la joie un peu plus loin dans nos vies !


Que s'est-il donc passé entre la mort de Jésus sur la croix et sa résurrection ? Je ne le sais pas, mais en réponse à ma question voici la première image qui s'est présenté à moi, et qui m'a touchée : je voyais Judas tourner comme un lion en cage, rongé par une culpabilité énorme dont il n'arrivait pas à sortir. Ne voyant aucune issue possible à son tourment je le vois ensuite se donner la mort, pensant peut-être qu'hors de ce corps il échapperait à son enfer et trouverait un peu de paix. Mais hors de son corps pas de repos, le face à face avec lui-même est total, il ne peut s'échapper de la moindre de ses pensées. Il est dans son propre enfer, prisonnier de sa culpabilité, de sa honte, de son sentiment d'indignité. Je vois alors tomber son âme vers le bas, happée par ses pensées sombres. Et au fur et à mesure qu'il descend je le vois rejoindre d'autres âmes prisonnières de leur honte, se croyant totalement coupées de leur lumière, de toute lumière. L'enfer que je contemplais était leur création mentale à laquelle ils croyaient tous dur comme fer. Le temps semblait s'être suspendu et ils pensaient tous rester là pour l'éternité, coincés en eux-mêmes, maudits, coupés de la Source et de tout espoir de paix. Mais depuis ces catacombes j'ai vu une toute petite lumière vers le haut, comme une étoile qui suivait Judas au fur et à mesure de sa descente, une étoile qui grossissait à vue d'œil, devenant soleil puis lumière aveuglante, et douce chaleur. Ce soleil de miséricorde était Jésus, hors de son corps lui aussi il était aller chercher jusque là les brebis égarées. Il ne disait rien, il souriait, et les âmes lourdes de leurs peines se mettaient simplement à pleurer devant ce visage doux qui ne les jugeait pas, mais simplement continuait à les aimer. Et au centre de leur être la Source a recommencer à couler... Elle n'avait pas disparu, c'est impossible puisqu'elle est la substance même de tout ce qui existe. Mais elle peut être oubliée. Merveilleuse invitation à croire à la Grâce, quelle que soit son apparence ! Et surtout, invitation à croire à la Beauté et à l'Innocence qui est l'essence de tout être humain. Tout le reste, ce ne sont que mémoires et blessures à accueillir lucidement, à bercer tendrement, pour briser la chaîne des répétitions douloureuses dans nos vies, nos familles, nos relations, notre rapport à notre corps, à la terre, au vivant...

Après avoir identifié nos Judas intérieurs, nos profondes culpabilités, irons-nous les délivrer en incarnant simplement avec eux la bonté du Christ que nous sommes et en les prenant dans nos bras pour qu'ils sentent qu'ils sont aimés quoi qu'ils aient fait, quoi qu'il se soit passé autour d'eux ?


La deuxième image, ou plutôt expérience : je me sentais en train de courir me cacher. Je voyais un autre moi, en miroir, courir et aller se cacher de la même façon. Me sentant menacée, je lui jette une pierre. L'autre moi m'en envoie une aussi. J'ai mal. Lui aussi grimace de douleur. Je lui crie de partir, il me demande la même chose sur le même ton. Je sors de ma cachette et m'approche, menaçante, l'autre fait de même. J'ai peur, je tourne les talons et m'enfuis à nouveau, idem. Je ne vois pas de solution, je sens juste de la peur en moi. J'ai peur de cet autre qui est moi !! C'est irrationnel mais c'est comme ça. Au bout d'un moment à retourner ça dans tous les sens, je sens alors que la seule chose à faire, pour être délivrée de ce double envahissant, c'est d'avancer doucement vers lui, ce qui suppose dépasser ma croyance qu'il faut avoir peur, dépasser aussi la sensation très physique et angoissante de la peur. J'avance, il avance, et à un moment donné, lorsque nos visages se touchent presque, je décide d'avancer encore car je sens à quel point il est une part de moi, il le fait aussi et je me retrouve soudain une seule personne, mais entière, avec une sensation de plénitude inouïe. Un combat intérieur qui s'arrête (pour moi la culpabilité énorme ressentie face à la mort successive de mes deux compagnons, entre autres), une saveur de paix nouvelle et délicieuse qui inonde toutes mes cellules.

Je sens aussi plus fort que jamais que la façon dont nous réagissons dans chaque situation vécue est le reflet exact des pensées que nous entretenons à propos de nous-mêmes. Notre pouvoir créateur est entre nos mains. Prenons donc bien soin de nourrir en nous les pensées lumineuses et génératrices de paix, de joie, d'abondance. Là où nous faisions des choix dictés par la peur, avançons en confiance, bref, soyons qui nous sommes vraiment et cessons de jeter des pierres, en premier lieu à nous-mêmes. Faisons ce qui nous fait vibrer et ressentir du bonheur, de la cohérence, contemplons dans nos vies puis dans le monde le changement qui découle de ces choix individuels et éclairés.


Troisième image, et invitation à poser un acte symbolique fort : j'ai vu l'image d'un cerf majestueux, qui je dois bien le dire, me faisait penser au Christ. Il avançait vers moi, baissait sa tête à ma hauteur, et je pouvais contempler la beauté des motifs de ses bois tant il était près. Puis il recule et me demande si je veux bien lui laisser des choses de ma vie dont je ne veux plus, quelles qu'elles soient, qu'il les emporterait et s'en occuperait. Je peux vous dire que j'en ai accroché des choses, sur ses bois : des tourments intérieurs jusqu'à des désordres physiques, il n'y avait plus de place nulle part à la fin ! Je l'ai fait avec joie et en même temps j'ai pu voir à quel point il était difficile de me séparer de certaines choses à travers lesquelles j'existais même si elles étaient douloureuses. Oui cela supposait de mourir au connu, traverser la peur de souffrir encore, et s'offrir au bonheur encore et encore... Je l'ai regardé s'éloigner avec tout mon chargement, et j'ai bien senti que je devrai être encore plus vigilante aux pensées que j'entretiens, sinon mes bagages allaient revenir vers moi dare dare. Vigilante à nourrir la foi que la part la plus élevée de moi, celle qui est une avec le Christ, celle qui trempe ses racine dans le ciel et boit directement à l'intelligence de la Source, s'occupe de la meilleure façon qui soit de tout ce que je lui ai confié...


Je vous invite donc, si cela vous parle, à vous créer un petit rituel personnel pour faire l'action concrète de vous détacher de ce qui vous pèse, de remettre ces choses à votre manière à l'intelligence de la Vie, et de la laisser agir en vous au mieux. Pour ma part, je vais aller dans les bois chercher deux branches pour représenter les bois du cerf, y accrocher mes fardeaux sur des petits papiers, et les emmener au cœur de la forêt dans un endroit très tranquille, et laisser faire en prenant bien soin du jardin de mes pensées...

Ce sera une belle et douce façon de traverser mes enfers pour ce temps de Pâques 2020.


Merveilleuse journée à chacun de vous !



Mandala réalisé en 2006









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